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Les assyriens et le génocide Arménien.

Les assyriens, ces chrétiens d'Orient.


Les assyriens sont des chrétiens qui vivent au Nord de l'Irak. Ils font partis des victimes qui ont été massacrées et kidnappées par l'Etat islamique ces derniers mois. L'année 2015 marque le douloureux centenaire du génocide arménien, durant lequel les forces Ottomanes turques se sont acharnées sur les minorités chrétiennes dont elles suspectaient une alliance avec la Russie.

1915, Sayfo, ou l'année du sabre
.

Les assyriens ont des racines très anciennes dans cette région; leurs églises utilisent une langue sémite proche de celle du Christ qu'est l'araméen.  A la fin de l'antiquité, une division s'opéra au sein de la foi : l'Eglise Orthodoxe Syrienne, et l'Eglise Nestorienne. A partir du XXe siècle, la communauté assyrienne se divisa de nouveau entre l'Eglise catholique romaine (regroupant les chaldéens), et les Assyriens indépendants. Leur population fut estimée à 600 000 en 1914, concentrée principalement au Nord de l'Irak et aux frontières de la Syrie et de la Turquie.

Ce peuple a été la cible des crimes commis pendant le génocide arménien. Il a subi violences et famines à cause du régime ottoman, qui tua au moins 300 000 personnes [ndlr : d'autres sources parlent de 500 000 voir 700 000 morts]. Ce problème reste perpétuel en ce que ces atrocités ne cessent de se répéter. Si ce n'est l'empire ottoman, ce sont les kurdes qui assassinent, sinon les militaires arabes, qui entrent dans les villages pour en faire sortir les hommes afin de les massacrer. Les femmes ont été brûlées vivantes, les enfants tabassés ou noyés. La littérature qui fait état du génocide arménien est si dense qu'elle nous rappelle les horreurs faites aux juifs quelques années plus tard.

L'histoire des assyriens reste traumatisante pour toute personne qui s'intéresse à l'histoire des chrétiens. La plupart des tueries eurent lieues dans la province de Diyarbakir et dans les cités de Mardin et de Nusaybin, et qui furent autrefois la fierté glorieuse d'un passé profondément chrétien. Ces places étaient soit des monastères, des sièges de patriarches, ou des métropoles épiscopales. La ville d'Edessa fut autrefois un grand centre chrétien. La plupart des études religieuses s'effectuèrent dans ses contrées.

La présence chrétienne était d'une telle évidence, qu'avant la guerre, 40% de la population était chrétienne. Mais le monde vit rouge. Le chef en charge de Diyarbakir, Mehmed Reshid Bey, tua 150 000 de ses sujets, soit 95% de la population chrétienne de la province. Quand on demanda à ce docteur comment avait-il pu être aussi ignoble, il eût une explication très simple : « Les arméniens et les autres chrétiens sont des microbes dangereux, et c'est le devoir d'un docteur de tuer ce genre de créatures. »

De 1915 à 1916, de nombreuses lettres furent envoyées par des diplomates et missionnaires vivant à Mardin et à Diyarbakir, témoignant de massacres de grande ampleur. 7 000 tués à Nisibi, 7 000 à Urfa,  6 000 à Mardin, 5 000 à Diarbakir. Un des monastères les plus prestigieux, construit en 397 sur les ruines de temple zoroastrien, fut détruit.

Les dégâts furent irréparables. L'Eglise Orthodoxe Syrienne rapporta que 90 313 chrétiens, dont 154 prêtres et 7 évêques furent tués, et 156 églises furent détruites. Les chaldéens perdirent 6 évêques, 50 prêtres, et 50 000 de ses croyants. Les Nestoriens ont tellement été décimés et dispersés qu'ils n'ont pas pu rapporter de chiffres. En 1918, les forces kurdes assassinèrent le patriarche de l'Eglise de l'Est, qui affirmait que sa succession remontait à celle des apôtres Thomas et Barthelemy.

Aujourd'hui, les assyriens forment une diaspora, majoritairement présente au Nord de l'Amérique, à l'Ouest de l'Europe, et en Australie. A moins que nous comprenions le rôle central de Sayfo dans leur mode de pensées, il nous serait impossible de comprendre pourquoi les assyriens du monde entier sont aussi désespérément inquiets face aux menaces que subissent leur communauté chrétienne en Syrie et en Irak.

 


Texte traduis et concis, de Phillip Jenkins.  http://www.christiancentury.org/article/2015-03/assyrians-under-siege



11/04/2015
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